Vendredi, 5 février 2010
Alors que la Fondation Abbé Pierre vient de rendre son 15e rapport annuel sur le mal-logement en France [1], dressant un état des lieux encore accablant dont les chiffres vertigineux produisent un effet effrayant, nous vous proposons de prendre connaissance de la conférence qui a eu lieu sur le thème du Droit au logement opposable mise en ligne sur le site ELearning télévision(Faculté de droit virtuelle, université Lyon 3) [2].
[1] 15e rapport sur le Mal-logement en France
[2] Faculté de droit virtuelle
Samedi, 30 janvier 2010
Enseignant et universitaire de haut vol, toutes celles et ceux qui se sont immergés dans la vision profondément iconoclaste de la pensée d'Howard Zinn ressentiront évidemment une immense tristesse teintée d'un vide certain. Décédé le 27 janvier 2010 à l'âge de 87 ans, l'alter-historien aura voué son entière existence au monde des idées au moyen duquel il dédicacera toute son existence. Militant infatigable, ses travaux ont notamment permis de rétablir une certaine justice dans l'appréhension de l'histoire des États-Unis en apportant un regard radicalement différent, ressuscitant l'âme de tous les êtres qui auront participé activement à l'avancée du monde. Il appartient à jamais à cet ensemble d'êtres humains qui ont immanquablement façonné ce rétablissement d'une certaine vérité historique que certains ont passé par pertes et profits.
Il doit être bien triste Noam Chomsky, ce compagnon d'idées qui résiste encore contre les vents et marées d'une pensée unique qui confond esprit critique et dogme politique, tout autant que Normand Baillargeon, jeune "héritier" et quelque part porteur/continuateur du travail unique légué par Howard Zinn. Puis, il y a tous les autres, les citoyens qui auront pris le temps nécessaire de se rapprocher, d'une partie au moins, de tout ce savoir désormais inscrit au patrimoine des hommes.
Laissons maintenant les exégètes mûrir leurs réflexions, puis continuons à lire et transmettre l'œuvre immense cédée à l'humanité par cet humain hors norme mais humble parmi les humbles.
# Bibliographie en français (mille remerciements à Frédéric Cotton pour son travail de traduction).
# Bibliographie complète.
Lundi, 4 janvier 2010
Le 4 janvier 1960 disparaissait Albert Camus, et avec lui tout son cortège d'intelligence juste. Au commencement de son ouvrage, L'homme révolté [1], l'auteur écrivait: « je me révolte, donc nous sommes ». Lui rendant ici un hommage respectueux, et non sans un certain malicieux enchantement, nous transformerons la célèbre proposition de la manière suivante: je boycotte, donc nous sommes. Effectivement, n'est-il pas juste de penser que le boycottage représente une des figures de style majeure pouvant habiller un sentiment de révolte? Aussi, voyons-nous dans ce mode d'action le potentiel d'une arme biologique dont nous estimons qu'il serait judicieux de s'emparer afin de faire entrer en résonance toutes les consciences dissonantes.
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Dimanche, 6 décembre 2009
Il fallait s'y attendre, le « Grand débat sur l'identité nationale » initié par la clique à Besson prend une tournure fâcheuse, voire scandaleuse à certains égards, notamment lorsqu'un sinistre inconnu issu des rangs de l'UMP dérape à la manière d'un Jean-Marie Le Pen au sommet de son art abjecte. La France entière aura bien évidemment eu connaissance de ce propos inepte, certains se l'appropriant volontiers pour en faire une caisse de résonance à leur propre système de pensée. Le tout sur fond de référendum suisse sur la question des minarets, soit un beau tableau qui ouvre grandes les vannes de nos archaïsmes les plus sombres. Il faut bien le constater, personne ne sortira indemne, et encore moins gagnant, de ce triste épisode politique qui aura vu le président Sarkozy faire preuve d'une veulerie certaine, choisissant de ne point faire face à ses responsabilités en envoyant son cher premier ministre au front pour faire discours à sa place sur la question.
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Jeudi, 19 novembre 2009
Le vingtième anniversaire de l'adoption par les Nations Unies de la convention relative aux droits de l'enfant n'aura certainement pas le même écho que les festivités de Berlin car, pour ce qui est de l'enfance en souffrance, le mur de la honte demeure solidement dressé sur ses bases. Pour autant, il ne faut pas se priver de rappeler au monde que des droits existent en matière de protection des enfants, qu'ils ont force contraignante pour les États signataires depuis leur adoption à l'unanimité le 20 novembre 1989 par l'assemblée générale des Nations Unies et leur entrée en vigueur le 2 septembre 1990 [1]. Depuis lors, seuls les États-Unis et la Somalie n'ont pas encore ratifié ce texte fondamental, soit un constat symboliquement très fort, même si les raisons respectives demeurent très éloignées [2].
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Lundi, 2 novembre 2009
Ce 4 novembre, les français désireux de faire acte de réflexion pourront se rendre dans les salles obscures afin de visionner le documentaire réalisé par Gilles Perret, dont le titre évocateur « Walter. Retour en résistance », convoque déjà les consciences [1]. Il s'agit ici de mettre en exergue le parcours exemplaire de Walter Bassan, cet homme aujourd'hui âgé de 83 ans, qui fût un résistant à l'occupant nazi et qui n'aura évidemment pas échappé à la déportation. Le personnage central du documentaire est bel et bien vivant puisqu'il n'a de cesse d'arpenter quantité de lieux hautement symboliques afin de transmettre, notamment aux plus jeunes d'entre-nous, son esprit toujours résistant, mais avec la volonté farouche de l'actualiser. Dés lors, la question de fond qui habite ce travail, et qui n'est pas sans déranger une certaine frange de nos politiciens, n'est autre que de savoir si « le verbe résister peut encore se conjuguer au présent? »
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Mercredi, 21 octobre 2009
À l'heure ou la justice française n'a de cesse de s'exposer médiatiquement, et cela plutôt de manière défavorable, nous attirons l'attention du néophyte autant que du spécialiste, sur le travail immense réalisé par Thomas Lacoste à l'occasion du quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature. Dans ce documentaire intitulé Les mauvais jours finiront. Quarante ans de justice française aux côtés du syndicat de la magistrature , le réalisateur a souhaité pointer son regard fort bien aiguisé sur « l'enjeu majeur que constitue l'idée de justice », porté par une institution qui se doit d'être l'un des piliers fondamental de toute démocratie. L'introduction de cet immense fresque donne le ton en plaçant d'emblée la barre très haute puisque qu'il choisit de dire avec émotion et précision « la harangue de O. Baudot »[1], véritable pierre précieuse intemporelle que chaque magistrat devrait contempler encore et encore avant d'entrer en cette religion que nous nommons justice. Nous reproduisons ici ces paroles écrites en 1974 et félicitons le réalisateur de les avoir placées en frontispice de cette œuvre capitale qu'il nous livre.
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Mercredi, 7 octobre 2009
Après le règne des tartuffes de la philosophie, auto-proclamés apôtres de la nouvelle vague des amoureux de la sagesse, voici venu l'avènement des éco-tartuffes, espèce concomitante aux problématiques majeures que doit affronter l'humanité alors que le modèle économique dominant démontre ses profondes limites. Le plus emblématique d'entre-eux n'est autre que l'hyper médiatique Nicolas Hulot, dont le documentaire intitulé « Le syndrome du Titanic » vient inonder les salles de cinéma. Après Al Gore et Yann Arthus Bertrand, voilà que l'homme d'Ushuaïa se fend d'un soit-disant « brûlot » intraitable à l'endroit de notre société capitaliste désormais déclarée incompatible avec les grands équilibres de la planète.
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Dimanche, 27 septembre 2009
Voilà un outil particulièrement approprié à notre monde contemporain. Si vertigineusement dantesque qu'il faut plusieurs secondes pour parvenir à lire ce nombre qui n'a de cesse de progresser à folle allure. On pourra par ailleurs remarquer immédiatement que l'endettement est proportionnel à la richesse, confirmant en cela qu'on ne prête qu'aux riches. Par contre, rien ne nous indique quelle sera la limite au-delà de laquelle le système ne pourra perdurer. Le reste du site, quoiqu'en langue anglaise, reste très instructif pour quiconque tente de percevoir le puits sans fond au-dessus duquel nous sommes suspendus. Un grand merci à The economist.
Le deuxième opus du G20 qui se tenait à Pittsburgh nous promettait monts et merveilles en matière de décisions contraignantes à l'endroit du monde de la finance, et ce serait à celui qui ferait les plus fameuses déclarations d'intentions pour s'attirer les bons sentiments des peuples en manque de justice sociale. En l'espèce, Nicolas Sarkozy ne fut pas en reste, tenant toutes les promesses de l'excellent bonimenteur qu'il demeure. Mais voilà qu'une information en provenance du très sérieux New York Times faisait état des nouvelles innovations qui apparaissent sur le segment très couru des produits financiers hautement sophistiqués, les biens nommés « bonds de la mort ». On touche ici au comble du cynisme et de l'abject puisqu'il s'agit de spéculer et de titriser sur les contrats d'assurance vie des particuliers les plus fragilisés par une économie toujours convalescente.
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Mardi, 22 septembre 2009
 Nous attirons ici votre attention sur le remarquable entretien avec Eric Hobsbawm réalisé par Nicolas Delalande et François Jarrige pour le très riche site "La vie des idées". En ces temps ô combien incertains, ce n'est pas sans une certaine malice qu'ils questionnent l'incontournable historien de la révolte et des révoltés en proposant une mise en perspective de son œuvre dans le contexte actuel de la crise économique majeure qui vient de frapper de plein fouet le modèle dominant. Aussi, très Judicieusement, Eric Hobsbawm introduit son propos en nous rappelant que les révoltés n'existent en tant que tels uniquement dans la mesure ou ils sont désignés ainsi par les tenants du pouvoir. Vu sous l'angle des groupes étiquetés ainsi, il s'agit avant tout d'une lutte légitime afin d'acquérir, ou bien de recouvrer, des droits pour une plus grande justice sociale. C'est ici un point essentiel que nous souhaitions reprendre tant l'acuité de cette proposition nous semble évidente. Mais, inutile d'en dire plus puisque nous vous invitons à découvrir le compte rendu de cet entretien avec ce penseur hors norme, âgé aujourd'hui de 92 ans, dont l'esprit alerte laisse rêveur. Toutefois, une question demeure: Une révolte globale est-elle envisageable?
http://www.laviedesidees.fr/Ou-sont-passes-les-revoltes.htm
Samedi, 12 septembre 2009
Longuement et patiemment il faut s'évertuer à batailler avec les tenants de la théorie du complot concernant les événements du 11 septembre 2001. Les croyances demeurent tellement ancrées dans certains esprits que parfois on se rapproche de la démarche sectaire totalement hermétique à tout discours rationnel. Il règne dans ces théories fumeuses, largement initiées par le livre de Thierry Meyssan, une volonté farouche d'imaginer un complot fomenté par les plus hautes instances du pouvoir américain avec le soutien massif du puissant lobby militaro-industriel. Comme si la réalité, qui s'est pourtant déroulée sous nos yeux, n'était pas suffisamment improbable en elle-même, dépassant allègrement tous les scénarios les plus fous, pour se faire plus incroyable encore que toute fiction hollywoodienne. Mais il faut à certain imaginer encore plus pervers, encore plus diabolique que le diable en personne, comme une mise en abîmes des mécanismes de pensée les plus abracadabrantesques. Si visuellement vertigineux fut cet événement qu'il a hypnotisé nombre d'esprits humains, parmi lesquels certains des plus habituellement rationnels, au point d'y voir une sorte d'hydre subliminalement maléfique, annonçant ainsi la fin des temps.
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