"Le boycottage apprend aux blancs qu'ils ne peuvent jamais être indépendants de nous. Pour beaucoup de militants, c'est le seul moyen d'action pacifique qu' il nous reste." Desmond Tutu.
Alors que l'été bat son plein en France, charriant son cortège de corps alanguis sur les plages, dans le sourd brouhaha d'un relâchement général, la XVIIIe Conférence internationale sur le VIH tient tribune dans la capitale autrichienne du 18 au 23 juillet. Organisée tous les deux ans par l'International Aids Society, cette échéance fait office de point d'orgue récurrent dans la mise en avant sur le devant de la scène globale de ce fléau qui aura creusé en moins de trente années 25 millions de sépultures humaines. Chiffre vertigineux s'il en est, il conviendra toutefois de le compléter par la lecture du rapport publié en 2008 par l'institution Onusida [1].
Faisant suite aux derniers événements qui ont secoué la ville de Montreuil, le Collectif Liberté, Égalité, Justice (Clej) lance un appel sans équivoque afin d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur les dérives inquiétantes des forces de sécurité en matière de maintien de l'ordre [1]. Dans ce sens, le collectif exige qu'une enquête impartiale soit diligentée pour que toute la lumière soit faite sur les violences disproportionnées commises à l'occasion de cette intervention policière qui avait pour objectif de démanteler une occupation illégale, mais pas illégitime, de locaux abandonnés. Plus largement, les signataires de cet appel entendent dénoncer la criminalisation de plus en plus prégnante des mouvements sociaux et militants.
Lors du dernier G8 qui vient de se tenir en Italie (L'Aquila), on a pu s'apercevoir combien sera difficile l'obtention d'un accord global sur la limitation des rejets dans l'atmosphère des gaz à effet de serre tant les enjeux économiques sont immenses, contraignants, et surtout divergents. Mille et une promesses faites mais non tenues, pléthore de beaux discours suivis de si peu d'actes, tant est si bien qu'il est permis de douter de ce qui, concrètement, pourra résister à l'épreuve des faits [1]. Pourtant, force est de constater que notre modèle contient les germes de sa propre fin, ayant fait la démonstration de son incompatibilité avec le devenir durable de notre espèce. Les urgences sont là, non seulement de plus en plus prégnantes, mais surtout irrémédiablement liées les unes aux autres, à l'image du destin des humains.
Loin de toute polémique stérile, faisant fi de toutes les idéologies néfastes et destructrices, nous tenons à relayer l'appel initié par l'ONG Peace Lines soutenue par un collectif d'intellectuels courageux, au rang desquels 56 prix Nobel et 202 eurodéputés qui prennent ouvertement parti pour le désenclavement de la bande de Gaza. Ils signent conjointement l'appel "OUVREZ LES PORTES" et demande clairement à Israël de mettre fin au blocus qui impose aux gazaouis une vie indécente et étouffante. Pas de liberté de mouvement, une économie exsangue, une population sans espoir, une situation explosive. Le message est simple, audible, il porte les fruits d'un avenir possible si l'État Hébreu décide de faire évoluer sa position vers une plus grande ouverture d'esprit qui ne pourra que lui être profitable. La solution, chacun la connaît, elle est énoncée clairement par François Xavier dans son ouvrage consacré à l'infini poète Mahmoud Darwish: "Quoi ? semble dire Darwich, oui, toujours plus de quoi pour qu’Israël arrête sa terreur quotidienne, sa colonisation, sa main mise sur la Palestine ? Qu’il n’y ait plus un seul arabe en terre sainte ? Jusqu’où ira cette escalade absurde, ubuesque ? Parce que tout le monde (sauf Israël ?) sait que les Palestiniens ne partiront jamais, que la solution ne peut être que politique, qu’il ne peut, qu’il ne doit, y avoir qu’un seul état binational, une Palestine laïque et démocratique. Le conflit peut encore durer cent ans, les positions des uns et des autres ne changeront jamais. Soit on se bat jusqu’à la nuit des temps, soit l’on accepte de vivre ensemble." [1].
Le Conseil d'État [1], véritable juge suprême du contentieux administratif, institution léguée par la révolution française, dans ses deux fonctions essentielles, consultative et contentieuse, « veille à préserver l'intérêt général et l'efficacité de l'action l'administrative tout en protégeant au mieux les droits des citoyens »[2]. C'est exactement ce qu'il vient de faire par le truchement de sa section du contentieux qui vient de rendre une décision remarquable en annulant « les résultats du concours interne de la police nationale du fait d'une distinction opérée par le jury en raison de l'origine du candidat et de ses opinions religieuses ». En quelques considérant liminaires et limpides qui composent cette décision, le juge de l'excès de pouvoir vient de rappeler à la mémoire de l'administration son obligation absolue de point discriminer.
Certes, si les journées de commémoration ont leurs limites, toutefois elles permettent de focaliser l'attention du plus grand nombre, en même temps, sur un problème qui taraude souvent l'ensemble des humains. Il en va de même pour ce qui concerne la journée internationale de la femme (des femmes préférerions-nous) dont la date pour l'ensemble de la planète a été fixée tous les 8 mars.
Au lendemain du Martin Luther King’s Day, ce jour d’investiture de Barack Hussein Obama, nul ne le contestera, est rempli d’une dimension historique sans précédent. En effet, bien peu nombreux sont ceux qui auront pu imaginer cet événement avant qu’il ne devienne cette réalité si improbable aux yeux du monde aujourd’hui encore incrédule . Certes, si la nature du vote qui a eu lieu le 4 novembre 2008 doit beaucoup à la conjonction d’une présidence calamiteuse de George W. Bush et d’une crise financière profonde, désormais mue en véritable crise économique, il est impossible de faire abstraction des qualités probantes de l’homme providentiel qui gouverne à partir d’aujourd’hui aux destinées de la nation américaine. Premier africain-américain à occuper la plus haute fonction mise en place par la constitution du 17 septembre 1787 (art II-Section 1), texte inaugurant le genre, mais dont les rédacteurs n’avaient pourtant pas eu le courage d’abolir l’esclavage. Aussi, le 44e président des États-Unis, en incarnant un espoir aux dimensions planétaires, ne devient-il pas, tout du moins symboliquement, le premier président planétaire ?
Deux événements ont accaparé la lisibilité médiatique de ces derniers jours, le jet de chaussures à la face de George W. Bush lors de sa conférence de presse en Irak d’une part, et le dépôt de bâtons de dynamites dans les toilettes du Printemps, célèbre grande surface parisienne, à quelques jours de Noël seulement. Aussi éloignés géographiquement que dans leur modus operandi, toutefois, à y regarder plus finement, tant au plan symbolique qu’au niveau du message transmis par leur(s) auteur respectif, il y a comme d’indicibles liens qui se tissent, jetant à la figure des personnes visées et des contemplateurs, la réalité de causes très proches et presque communes.
Il y a un mois environ, faisant suite à quelques vaines tentatives de perturber le réseau ferré, un village lové au fin fond du plateau des Millevaches, se retrouvait malgré lui à la une de l’actualité. Depuis lors, Tarnac n’a cessé d’étonner toute la France par son esprit de révolte solidaire, soutenant avec vivacité ses jeunes interpellés au petit matin par un contingent de forces de l’ordre bien motivées à l’idée de mettre fin à l’activisme enragé de cette « ultra gauche anarcho-autonome ». Rajoutant à l’agitation ambiante, une certaine jeunesse grecque s’embrase et inquiète l’ensemble de la classe politique européenne qui craint désormais la contagion sur fond de crise persistante.
Alors que les décrets d’application de la loi relative à la rétention de sûreté et la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental ont été publiés le 4 novembre, tout un pan de notre psychiatrie s’élève contre ce texte en mettant en ligne une pétition dénonçant une législation fondamentalement liberticide. Cet hiver déjà, le débat avait été fort houleux entre la chancellerie et les différents professionnels de la justice et de la santé mentale tant le texte voté par le parlement mettait à mal un sacro-saint principe posé par notre droit pénal post-révolutionnaire et depuis jamais remis en cause, à savoir, toute condamnation pénale impose au préalable un passage à l’acte criminel.
Partie de Pau le 18 octobre 2008 à l’initiative du droit au logement, la caravane des mal-logés, des sans-logis, des locataires et des expulsés est arrivée à Neuilly-sur-Seine ce dimanche 26 octobre après avoir fait une ribambelle d’étapes dans nombre de villes judicieusement sélectionnées car exemplaires de la spéculation qui a enflammé le marché du logement durant ces dernières années. L’enjeu, encore une fois, n’était pas tant de sensibiliser l’opinion publique que le monde politique à la problématique fondamentale du logement en France. Toujours d’actualité, la situation s’est considérablement enkystée du fait d’un marché devenu fou sous la pression d’une spéculation largement malsaine.